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Parmi les noms des hauts faits de la Grande Armée inscrits sur l ’Arc de Triomphe de Paris figure celui de Pułtusk, cité mazovienne baignée par la Narew. Toutefois ce n ’est pas aux dieux de la guerre que l ’ancienne cité doit les plus belles pages de son histoire, mais aux temps pacifiques du XVIe siècle, le siècle d ’or polonais.
Ce fut le lieu de prédilection de ses propriétaires : les évêques de Płock qui, depuis le XIIe siècle, portaient le titre de “princes de la terre de Pułtusk ”. L’évêque Florian Laskarys (1313-1333) fut le premier à y élire domicile en faisant bâtir une bastide en bois que les incursions répétitives des Lituaniens finirent par réduire en cendres.
Le sort de la cité ne laissa pas indifférents les successeurs de Florian au siège épiscopal de Plock.
En 1405, la construction de l’hôtel de ville est entamée, au milieu du XVe siècle, l’évêque Paweł Giżycki érige la collégiale. Au début du XVIe siècle, les évêques successifs entourent la cité de murailles de défense.
Après Varsovie et Płock, Pułtusk est la troisième ville de Mazovie à être ceinte de fortifications en dur.Rien de surprenant puisque ce lieu, depuis le Xve siècle, passait pour l ’un des plus riches de Pologne. Le chroniqueur Jan Długosz écrivait alors:“La cité est riche en poissons, céréales, gibier et elle produit avant tout une excellente bière ”.
Avec la Renaissance et grâce aux dignitaires de l’Eglise, en cette Mazovie provinciale, Pułtusk devient un lieu privilégié où règnent la science et l’art. Dès le milieu du XVe siècle, l ’évêque Paweł Giżycki fonde une école près la collégiale où enseignent les récipiendaires de l’université Jagellonne. Cent ans plus tard, l’évêque Andrzej Noskowski fera venir les jésuites qui créeront à Pułtusk un des plus célèbres collèges de Pologne.
Dénommée aussi “la cité mazovienne des escholiers ”, elle attire aux XVIIe et XVIIIe siècles les fils de la noblesse et de la riche bourgeoisie venus même de Grande-Pologne, de Courlande et de la lointaine Wolhynie afin d’y étudier. Les seuls noms des enseignants d’alors témoignent du niveau de l’école: Jakub Wujek, auteur de la première traduction polonaise de la Bible, le célèbre prédicateur Piotr Skarga, l’humaniste Benedykt Herbest, éditeur des lettres et de la biographie de Cicéron, le compositeur Jan Brandt, le mathématicien Oswald Krüger ou encore le saint martyr Andrzej Bobola. Au milieu du XVIe siècle, le premier théâtre public du pays était ouvert près le collège.
 Si les sciences occupèrent l’édifice du collège jésuite, les beaux-arts,eux, se déployèrent dans la collégiale.
Fierté des anciens évêques de Płock, l’église fut construite par l’atelier de Giovanni Battista de Venise. En dessous de la décoration baroque de la collégiale, son aspect premier Renaissance a été récemment mis au jour. Après des siècles d’oubli, sur la voûte du chœur et de la nef ont refleuri, une fois l’enduit ôté, les rosettes, bouquets stylisés sertis dans le maillage en briquetage, aux formes régulières et géométriques. Cette riche décoration picturale fut sans doute réalisée dans les années 1551-1554 par le peintre Wojciech de Varsovie assisté de Stanisław de £omża et Stanisław de Liw.
La flore de la Renaissance s’est aussi répandue dans la chapelle funéraire de l’évêque Noskowski édifiée du côté droit de la collégiale de 1553 à 1554 d’après le projet de Giovanni Battista de Venise. Ayant une forme carrée, cette lointaine cousine de la chapelle Sigismond de la cathédrale du Wawel à Cracovie, est coiffée d’une coupole dont la voûte est ornementée d’un entrelacs de feuillage. Le pinceau de Wojciech de Varsovie a transfiguré l’endroit en une tonnelle où la vigne a proliféré enlaçant uniformément la calotte de la coupole, tout en laissant entrevoir le ciel bleu-nuit émaillé d’étoiles d’or, image de la paradisiaque et tant désirée contrée du bonheur éternel.
Les maîtres suivants du diocèse sont présents, eux aussi, dans la collégiale. La plupart des autels baroques élevés après 1710 furent fondés par l’évêque Ludwik Bartłomiej Załuski. En passant commande de huit monumentaux demi-reliefs avec épitaphes, cet ecclésiastique et mécène n’oublia nullement de glorifier son lignage et disposa ces demi-reliefs le long de la nef centrale et du choeur. Des deux côtés nous regardent distraitement les évêques tout à leur prière et nous font face les chevaliers fiers de leurs faits guerriers. Dans ce panthéon à la gloire masculine, une exception est faite à Katarzyna Załuska, décédée en 1705, élégante dame du baroque, parée selon la mode, d’une robe décolletée.
Le règne des évêques de Płock dura jusqu’en 1795. Ils résidaient au château où ils réunirent une riche bibliothèque. Ces ecclésiastiques éclairés s’intéressaient à des domaines variés.
L’évêque Andrzej Krzycki (1527-1535) fonda l’église Sainte-Marie-Madeleine construite sur le plan d’une rotonde et l’église de la Sainte-Croix. Il fit venir l’imprimeur Jan de Sącz, contribuant ainsi à la création de la première imprimerie en Mazovie. Occupant le siège épiscopal de 1565 à 1577, l’évêque Piotr Myszkowski restaura le château et, selon la mode d’alors, il aménagea sur le terrain attenant un jardin composé de rares plantes méridionales.Quant à l’évêque Andrzej Stanisław Kostka Załuski (1723-1736), outre l’imposant hôtel de ville qu’il édifia, il fonda encore une banque de crédit pour les bourgeois et les fermiers.
Encore perceptible aujourd’hui, un signe particulier de la juridiction ecclésiale était d’attribuer à chaque maison, outre un numéro, un vocable. En 1729, Pułtusk comptait 348 parcelles, chacune portant le nom d’un saint différent. Le pouvoir épiscopal prit fin avec la perte de l’indépendance de la Pologne. Après le troisième partage en 1795, la ville tomba sous l’autorité des Prussiens qui sécularisèrent les biens ecclésiaux.
Juste à la veille des partages, en 1794, les détachements insurgés du général Antoni Madaliñski quittèrent Pułtusk et Ostrołęka en direction de Cracovie, donnant ainsi le signal de l’insurrection de Koœciuszko contre la Russie et la Prusse. L’occupation prussienne dura  jusqu’en 1806 : le 26 décembre l’armée française cpar le maréchal Lannes entrait à Pułtusk après avoir victorieusement livré bataille contre l ’armée russe du général Bennigsen. Le lendemain Napoléon Bonaparte y rejoignait ses troupes. Sur une des maisons de la place du Marché une plaque rappelle le lieu où séjourna l’empereur des Français.
Après le Congrès de Vienne la ville fut annexée par la Russie et incluse dans le Royaume de Pologne rattaché à la Russie, le tsar s’étant proclamé roi de Pologne. Pułtusk, situé sur la voie reliant Varsovie à Saint Petersbourg, connut de nouveau un développement économique. Une colonie industrielle fut créée pour les drapiers qu’on fit venir de Poméranie. La chute de l’insurrection de novembre 1830, changea radicalement la situation.
Après la retraite du général Skrzynecki, la ville fut occupée par les Russes qui y propagèrent une épidémie de choléra. C’est d’ici que, en 1831, se rua sur Varsovie le général commandant tsariste Ivan Paskievitch, futur régent du Royaume de Pologne, un maître absolu qui mit en oeuvre une politique de russification.
Près de cent ans plus tard, le 11 août 1920, les Russes entrèrent de nouveau à Pu³tusk.
L’occuppation de l’armée bolchévique dura une semaine. Deux jours après la bataille de la Vistule qui marqua la victoire des Polonais sur les bolchéviques, le 15e régiment de la 9e division d’infanterie placé sous le commandement du colonel Bolesław Zalewski libérait la ville. Le sort n’épargna pas davantage Pułtusk pendant la Seconde Guerre mondiale. Les Allemands s’y livrèrent à une extermination de la population juive venue en grand nombre s’installer dans la ville au début du XIX e siècle. De même,une grande partie de l’intelligentsia polonaise fut déportée vers les camps de concentration. A la suite des opérations de guerre, 85% environ de la ville furent détruits.
Depuis l’aube de son histoire les guerres qui tourmentaient Pułtusk avec son lot d’incursions médiévales des peuples voisins du Nord, avec le “déluge ” suédois au XVIIe siècle, avec les guerres nordiques au début du siècle suivant — ne furent pas l’unique fléau que la cité eut à subir. Deux autres calamités se conjurèrent contre elle : le feu et l ’eau. Les incendies qui éclataient plus ou moins toutes les décennies ravageaient les maisons, les intérieurs du château, les églises. En 1613, le collège et l’église des jésuites furent la proie des flammes.
L’immense sinistre de 1875 qui dévora les précieuses collections de la bibliothèque,fut décrit par Henryk Sienkiewicz dans la presse varsovienne.
Joliment posée sur une île qu’enlacent un bras de la Narew appelé Narewka et deux de ses ramifications — la Rybitwa et le Duszek, la cité paya toujours un lourd tribut à chaque grande crue. Les plaques apposées sur ledit donjon de l’hôpital et l’église Notre-Dame, indiquent le niveau des eaux lors des inondations de 1958 et de 1979.
A l’image de l’inconstante Fortune, la rivière capricieuse engloutissait dans ses remous les fortunes accumulées par les habitants et contribuait par ailleurs à l’acroissement de leurs biens. En dépit de sa force destructrice, la Narew fut, au cours des siècles,une source d’abondance. Le bois et les produits forestiers de la Forêt blanche s’étendant sur la rive opposée, ainsi que les céréales étaient expédiés par voie fluviale jusqu ’à Gdañsk, rendant le commerce florissant.
Les vertus et le charme de la rivière ont été chantés en vers latins par le poète sarmate Kazimierz Sarbiewski, talentueux élève du collège des jésuites,dont la poésie fut appréciée par le pape Urbain VIII.De même que dans son ode A la Narew où Sarbiewski évoque ses jeunes années passées au bord de la rivière,Wiktor Gomulicki, romancier et feuilletoniste, dépeint lui aussi dans son ouvrage édité en 1906 Les souvenirs du petit uniformebleu les places et les ruelles d’une mystérieuse cité P., le sosie littéraire de Pułtusk.
Aujourd’hui, tout comme autrefois, les anciennes maisons et les neuves mêlées aux frondaisons verdoyantes des arbres,luisent du rouge de leurs tuiles. La tour élancée de l’hôtel de ville, le campanile de la collégiale, la toiture du château marquent toujours l’axe de la place du Marché et le parc qui ceint l ’ancienne résidence des évêques glisse doucement vers la rivière, devient insensiblement rivage. De l ’harmonie entre l’architecture et la nature naît un sentiment d’équilibre permettant d’oublier guerres et éléments destructeurs pour jouir de l’instant présent.

 

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